Texte Libre

 

 

 

La bêtise, c’est de la paresse. La bêtise, c’est un type qui vit, et il se dit: « je vis, je vais bien et ça me suffit ». Et il ne se botte pas le cul tous les matins en se disant: « ce n’est pas assez,  tu ne sais pas assez de chose, tu ne vois pas assez de choses ». C’est de la paresse je crois la bêtise. Une espèce de graisse autour du cœur, une espèce de graisse autour du cerveau.

 

                                                                                                 Jacques Brel 

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Mardi 22 novembre 2005

Déjà ! Mon séjour au Québec prend fin après ces cinq merveilleux mois. Je pars avec un sentiment de tristesse. Mais, quelques fêtes et des vacances avec des copains m’attendent en France. Il y a pire comme retour…

Montréal me manquera assurément, notamment les sorties dans les bars après le travail, ou les parties de soccer avec les amis français ou des collègues de tout âge du ministère. Il est plus rare de voir en France des employés se réunir entre eux le soir après le travail, pour aller dans un bar ou faire du sport. Je n’ai jamais vu en France une équipe de travail aussi joyeuse et unie. Les différences de méthodes de travail y sont pour quelque chose, notamment la hiérarchie quasi-inexistante, le rôle primordial du travail en équipe, et les responsabilités supérieures laissées aux salariés.

 Les autres français me manqueront aussi. On a formé un vrai groupe, dynamique et joyeux. La bonne humeur était toujours au rendez-vous. L’ambiance fut aussi excellente avec Bruce et Stéphanie, mes deux colocataires. 

Montréal m’a beaucoup plu. Il se passe toujours quelque chose dans cette ville où le vousvoiement est presque aboli dans les conversations. A partir du mois de Juin, il y a eu le Grand Prix de F1, le festival de jazz, le festival des films du monde, le Mondial de la bière, le festival Juste pour rire, les Championnats Mondiaux de Natation où j’ai été bénévole, les francopholies qui commencent juste après notre départ…. Il est difficile de trouver une ville à la fois très active et offrant un cadre de vie agréable. Montréal répond positivement à ces deux critères. Il se passe toujours quelque chose dans cette ville. Et, la vie n’y est pas trop chère. Est-ce la ville parfaite ? Je ne sais pas. Il faudrait que je puisse y vivre plus longtemps pour répondre objectivement à cette question.

 J’aimerais vivre au Québec. Je ne me vois pas à priori y rester pour toujours. Mais, si on me proposait un travail intéressant pour un ou deux ans à Montréal, je signerais immédiatement. J’ai fait quelques recherches d’emploi au Québec. Mais, mes tentatives furent vaines. Ce n’est que deux semaines avant mon départ que j’ai rencontré une nouvelle collègue de travail qui m’a expliqué que ma recherche d’emploi était totalement mal orientée. J’avais appliqué mes méthodes françaises. Erreur. Ici, le CV est complètement différent, et réalisé à l’américaine, d’où la nécessité absolue de l’adapter, ce que je n’avais pas fait. Et, il ne faut pas vraiment attendre les offres d’emploi ou envoyer des candidatures spontanées à plusieurs entreprises. Il ne faut pas hésiter à « aller frapper aux portes » afin de se faire connaître et de relancer très fréquemment les employeurs. Plus de 80% des offres sont cachées, peu étant donc connues du grand public. Ainsi, je me suis rendu compte trop tard que je n’avais pas appliqué les bonnes méthodes. J’avais raison lorsque je disais que les français, en venant ici, se laissent tromper par les apparences, et pensent que « le Québec, c’est un peu la France ». Moi aussi, même après plusieurs mois, j’adopte malheureusement encore quelquefois cette attitude.

 Bref, je sais que j’aimerais vivre à nouveau au Québec. Mais, lorsque je vais revenir en France, je vais retrouver mon ancienne vie, ma famille, mes amis… Et, je sais aussi par expérience qu’on oublie toujours un petit peu le passé. Cette volonté si forte aujourd’hui de revenir dans cette jolie région du Canada, risque donc de s’estomper un peu dans quelques mois. Par expérience, je sais qu’il est trop illusoire de dire : « je reviendrai ». Une nouvelle vie nous attend ailleurs et nous accaparera l’attention pendant quelques temps. Mais, un jour peut-être, je comparerais cette nouvelle vie avec celle que je pourrais avoir à nouveau à Montréal…

 Les québécois sont fiers d’être québécois. Ceci m’a touché, moi qui comme beaucoup de français, ne me sens guère patriote. Au Québec, les drapeaux sont très présents. En France, on les voit essentiellement lors des manifestations d’extrême droite. Une des plus grandes fiertés des québécois serait de voir leur drapeau lors de l’ouverture des Jeux Olympiques. Nous, en France, l’hymne national, très discuté et discutable, n’est pas chanté par beaucoup de sportifs, lors des compétitions. Il est même quelquefois sifflé.

 

Au Québec, malgré les difficultés et obstacles rencontrés dans leur histoire, les habitants se sont toujours battus et se battent encore pour être reconnus au niveau politique, mais aussi économique, culturel… Cela est très touchant. On sent les québécois tous unis derrière leur Province. Cela n'est pas le cas en France...

 

Ici, la liberté est totale. Chacun fait ce qu’il veut, s’habille comme il veut. Les filles en mini-jupes ne se font pas traiter de salopes à chaque coin de rue. Chacun mène sa vie comme il l’entend. Les québécois savent parfaitement vivre en harmonie avec leur environnement. Le snobisme est inexistant par rapport à Paris. Bien sur, tout n’est pas parfait. Les américains ont une influence énorme, d’où un culte de l’apparence indiscutable.

Je vais retrouver une France morose, en raison de la situation économique difficile, des échecs européens, de la non attribution des Jeux Olympiques à Paris… En restant dans un pays, on ne parvient pas à prendre de recul. Au Canada, j’ai pu observer attentivement la France, et je me suis réellement rendu compte que les problèmes sont nombreux. Je sais que je vais encore avoir de nombreuses difficultés à trouver un emploi, puisque l’intégration des jeunes diplômés est très compliquée dans l'hexagone. Bien sur, au Canada, tout n’est pas parfait, loin de là. La classe politique est tout aussi éloignée de la réalité, et corrompue. Ainsi, j’ai pu assister à une magouille politique énorme. Mr Paul Martin est le  premier ministre du Canada, à la suite d’élections qui lui ont donné une très courte majorité. Mais, compte tenu des promesses non tenues et de son immobilisme, une partie de ses partisans l’ont « lâché ». Un nouveau vote devait alors avoir lieu, afin de savoir s’il disposait d’une majorité. Si ce n’est pas le cas, il devait démissionner. Alors, la majorité et l’opposition rassemblent tous leurs membres (y compris certains députés « rapatriés » de force de l’hôpital puisque chaque voix sera déterminante) pour le Jour J. Le pays est en halène. Le premier ministre va-t-il être renversé ? Et bien non. Pourquoi ? Tout simplement, le premier ministre a « acheté » une députée de l’opposition en lui promettant un ministère si elle rejoignait son camp. La députée change donc de parti (imaginez cela en France), vote pour Paul Martin, ce qui permet à celui-ci de garder sa majorité avec une voix d’avance sur l’opposition ! Et cette même dame est nommée ministre quelques heures plus tard. Vive les magouilles !

Bien qu’on en parle souvent, le Québec est assez peu connu en France. Demandez à un français ce que lui évoque le Québec. Je suis sur qu’il vous parlera de la cabane au Canada, des bucherons, des températures très basses, de l’accent, de Céline Dion, Garou… Bien sur, ceci n’est pas tout faux. Mais, cette image est un peu biaisée. Certaines stars québécoises en France ne sont pas les meilleurs ambassadrices de leur région, et accentuent ainsi la condescendance de certains français envers cette « ancienne colonie ». 

Un québécois m’a dit récemment :  

-         tu sais de quoi sont le plus fiers les québécois ? De Desjardins, de Bombardier et de Céline Dion !

 Les québécois disent souvent « Céline » dans leurs discussions. Ils parlent d’elle en disant son prénom, comme s’ils la connaissaient personnellement. Elle fait en quelque sorte partie de la famille. Mais, les français ne savent souvent pas que le Québec forme une économie très forte, définitivement orientée vers l’avenir. Le Québec est très performant dans l’aéronautique-aérospatial (Montréal est grâce à Bombardier la troisième place mondiale avec Toulouse et Seattle), les Technologies de l’Information et de la Communication, les biotechnologies, l’environnement…

Il m’est difficile d’avoir un avis sur l’indépendance du Québec. Je ne connais pas encore assez la situation, même si j’ai souvent discuté avec des personnes orientées sur le fédéralisme ou sur le séparatisme. Mais, j’ai pu constater que les québécois adorent leur Province. Compte tenu de raisons historiques et culturelles, il y a assurément une différence d'opinion énorme sur de nombreux sujets avec les autres Provinces. Dans le Canada, il y a les provinces anglophones… et le Québec. De plus, le Québec se sent souvent biaisé puisque le gouvernement canadien est situé à Ottawa, dans l’Ontario, la grande rivale du Québec. Cela ne fait qu’accroître les tensions.

 Demain, je serai en France. Je pars ce soir à vingt deux heures. En raison du décalage horaire, à trois heures du matin (heure québécoise), il fera jour dans l’avion… Bref, je fais une nouvelle fois mes bagages, en vérifiant cette fois-ci que j’ai bien tous mes papiers.

 En pensant à ces deux merveilleuses années, plusieurs images me reviennent souvent en tête : l’ambiance des pubs anglais et la fabuleuse sensation de différence en Angleterre, les ballades dans les rues bordelaises avec Thomas et Laurent, les couloirs de métro parisiens et la beauté de notre capitale, le charmant accueil québécois, les merveilleux paysages canadiens, le vertige de New York…

 Malheureusement, lorsque l’on pense à ces moments que l’on a vécus, on se sent souvent seul. Je ressens systématiquement un petit moment de déprime lors des heures précédant les retrouvailles avec la famille et les amis, et durant les premiers jours après le retour. « Alors, c’était comment? Raconte! ». Les personnes de notre entourage ne peuvent pas complètement ressentir ce qui nous est arrivé, car elles n’ont pas connu ces moments-là. Elles n'étaient pas là. Les gens avec qui l’on a vécu ces beaux moments, sont ailleurs.

Les voyages sont évidemment une vraie école de la vie. Même si le changement de mode de vie n’a pas été brutal, puisque je suis toujours resté dans le monde occidental, j’ai beaucoup appris. En voyageant, on apprend à connaître, à ne pas juger précipitamment, à écouter, à comprendre, à se remettre en question… Marguerite Yourcenar disait : « le voyage, ce bris perpétuel de toutes les habitudes, cette secousse sans cesse donnée à tous les préjugés ». Cette jolie aventure vécue lors de ces deux dernières est-elle finie? Je ne sais pas. L’avenir me le dira…

De toute façon, je reviendrai un jour au Canada. Il y a trop de choses que je n’ai pas faites. La Gaspésie, les Cantons de l’Est, les chutes du Niagara… Au revoir Montréal ! Au revoir le Québec ! Et, merci pour tout….

                      Olivier, triste comme jamais à l'idée de quitter son Québec

Par Olivier - Publié dans : olivieretsesvoyages
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Mardi 22 novembre 2005

New York. Cela fait trois mois que j’en rêve et que la chanson de Sinatra me hante l’esprit. C’est certainement une ville dans laquelle je ne m’imagine pas vivre, mais cette cité fait rêver. Je me vois au milieu de ces buildings, croiser Woodie Allen par hasard au détour d’une rue de Manhattan. La statue de la Liberté, Times Squares, Central Park, Wall Street… Bref, uniquement des sites touristiques! Je le reconnais. Selon moi, New York représente la Vraie Amérique, en raison de ce mélange de cultures, de climats, de traditions, de peuples venant de tous les pays du monde… La cote Ouest et son éternel soleil ne m’intéressent guère.

 L’organisation du séjour à New York fut assez complexe. Nous avons tout d’abord reporté la date prévue pour diverses raisons. Et puis, j’ai eu quelques problèmes au niveau des services de l’immigration. Étant donné que j’ai prolongé le travail au ministère pour deux mois supplémentaires, j’ai du effectuer une demande de nouveau permis de travail. Bref, encore tout un ensemble de documents et de justificatifs à fournir. Je peux vous assurer que l’administration canadienne n’a rien à envier aux autorités françaises au niveau de la complexité des procédures. Avec un autre collègue au ministère qui a, tout comme moi, prolongé son travail, nous avons envoyé notre dossier le même jour, à partir du même endroit. Cinquante jours après environ (le délai moyen de traitement), cet autre travailleur français reçoit ses documents. Après plusieurs jours d’attente, je parviens enfin à joindre un être vivant au service d’appel du centre d’immigration du Canada. Là, au bout de plusieurs minutes, on me signale que mon dossier n’a toujours pas été reçu, et que mon enveloppe est donc perdue quelque part au Canada… Génial! On me fait aussi comprendre qu’il faut renoncer à mes ambitions de rejoindre New York, étant donné que je suis en quelque sorte « illégal » sur le territoire canadien. Complètement abasourdi par cette nouvelle, je me rends immédiatement sous la pluie au centre d’immigration du Canada, situé près de la Gare Bonaventure. Là, on me signale exactement la même chose, en me demandant une nouvelle fois de faire un dossier et de l’envoyer à nouveau.

 En sortant, je commence à pester contre cette administration, et je vois mes rêves de visiter New York s’effondrer. Le choc sera trop rude. Je ne peux partir du Québec sans voir New York. En ne voulant pas rester sur ce regret lors de mon bilan de séjour à Montréal, je rejoins le consulat de France. Là, j’explique ma situation à un type dont l’unique objectif est de virer les gens car la fermeture est à 12h. Il est 11h05, et il ne souhaite voir aucune personne supplémentaire dans la salle d’attente. Bref, il ne m’écoute pas et me tend un papier, en me disant que seul le consulat des Etats-Unis peut répondre à ma demande. Je sais qu’il ne dit pas la vérité, et je commence à m’énerver. Je me mets entre lui et l’autre personne qui était derrière moi, et à qui il répond avec autant de gentillesse (« vous voulez un visa? Revenez lundi, aujourd’hui, c’est fermé! »), et je lui explique clairement ma situation en parlant plus fort. Il s’en fout, et ne me parle que du consulat des Etats-Unis. Il n’y a pas beaucoup de personnes plus calmes que moi dans la vie, mais là, je suis à la limite de l’insulter.

 Il vaut mieux ne pas s’énerver. Je pars alors vers le Consulat des Etats-Unis, sans aucune illusion. Je m’attends à ce qu’on me dise :

 -         il faut voir ça avec le consulat français, Monsieur!

J’arrive devant le consulat. A ma grande surprise, une femme écoute ma situation. Elle m’affirme que les français possédant un passeport récent peuvent venir aux Etats-Unis une fois par an, en tant que touriste. Il me faudra apporter des documents justifiant mon emploi au Québec jusqu’au 15 juillet, et mon billet d’avion retour pour la France. Cela est une preuve que je viens aux Etats-Unis, uniquement en tant que touriste. Je lui fais répéter deux fois, en lui affirmant bien, qu’en raison de la complexité de ma situation, je serais en quelque sorte « illégal » au Canada, lorsque je souhaiterais aller aux Etats-Unis. Cela ne pose aucun problème. Je remercie chaleureusement cette femme.  

 

 Le lendemain, un collègue français devait se rendre à la frontière des Etats-Unis, afin d’obtenir un nouveau permis de travail. Il avait perdu ses papiers, donc son passeport. Afin d’obtenir son permis de travail, il devait quitter le territoire canadien, pour ensuite le rejoindre. Je vous disais que l’administration canadienne était d’une complexité impressionnante… Et, en tant que français, nous avons des accords et des facilités importantes, ce qui n’est pas le cas des autres pays mondiaux.

 J’accompagne donc ce copain, en voulant moi aussi avoir la certitude que ma prochaine entrée sur le territoire des Etats-Unis ne pose pas de problème. A la frontière, on a donc rejoint le centre d’immigration des Etats-Unis, en « ne faisant pas trop les malins », en raison de notre nationalité. Dans l’édifice, j’ai immédiatement aperçu une réplique miniature de la statue de la Liberté. Ce dernier mot « liberté » contraste tellement avec toutes les caméras présentes dans le bâtiment, les tests qui nous ont été demandés (photos et empruntes digitales), les pancartes assez explicites (« keep foot and mouth diseases out of america » : « gardez vos maladies en dehors des Etats-Unis »). Incroyable! Je suis venu ici pour poser une simple question. En définitive, c’est moi qui ai du répondre aux multiples questions que l’on m’a posées. On nous a donc délivré un refus d’entrée sur le territoire des Etats-Unis, nécessaire pour rejoindre le centre d’immigration du Canada. Il faut faire le chemin en sens inverse, répondre aux autres questions éventuelles (« qu’est-ce que vous avez à déclarer? »). En entrant dans le bâtiment, j’explique que je m’étais simplement rendu au centre d’immigration des Etats-Unis afin de savoir si, dans 15 jours, j’étais autorisé à entrer dans ce pays. Mais, là, on me demande encore mes papiers pour vérifier mon identité et mon statut d’immigration.

 Mon collègue obtient son nouveau permis de travail. En ce qui me concerne, je n’ai jamais eu de réponse claire à ma question. Bref,  à priori, je devrais être autorisé à rejoindre le sol des Etats-Unis, mais le « good luck » de l’américain m’a un peu refroidi. Qu’est-ce que cela signifie vraiment? Espérons que je ne reste pas bloqué à la frontière pendant que les autres français rejoindront New York…

 Jeudi 30 Juin. Nous sommes prêts. Julien, Fanny, Engin, Yohan, Ismaila, Christophe et moi. Avec nos sacs à dos, nous attendons patiemment à la station de bus de Montréal, un sandwich à la main. On a tous la chanson de Sinatra dans la tête. Après une heure trente d’attente, nous montons enfin dans ce bus. Destination New York!

 Nous ne serons pas présent le 1er juillet à Montréal, jour de la fête nationale du Canada. Il paraît que ce jour-là est très surprenant pour les nouveaux arrivants. En effet, les québécois, afin de montrer leur indépendance vis-à-vis du Canada, ont décidé que ce jour-là serait le jour de début de bail de location. Et donc un immense jour de déménagement… A Montréal, ce jour-là, il y a peu de drapeaux canadiens… mais un immense va-et-vient de camions de déménagements, de voitures pleines de multiples objets.

 Une heure après le départ, nous arrivons à la frontière. Pendant les cinquante minutes d’attente, je suis stressé, et crains que mon entrée aux Etats-Unis soit refusée. J’ai tout prévu : mon billet d’avion retour, mon certificat d’emploi au Canada, une preuve de ma demande de prolongation de permis de travail, ma carte d’identité, mon passeport…

 Nous entrons dans le bâtiment d’immigration des États-Unis. Après quelques minutes d’attente, un officier américain gueule une nouvelle fois « Next! ». C’est à moi. Pourvu que tout se passe bien! Je m’avance en lui disant « Hi! ». Il ne me répond pas, et me demande où j’habite, le temps que je souhaite rester aux Etats-Unis, la raison de ma visite… Bien évidemment, il regarde mon permis de travail, et me demande pourquoi il n’est plus valide. J’explique une nouvelle fois ma situation, mais il ne souhaite pas me comprendre. Il ne fait que me répéter que je ne peux pas venir si je n’ai pas de permis de travail valide. Je lui montre les papiers de l’Ambassade des Etats-Unis en France, prouvant que je peux me rendre aux Etats-Unis dans le cas où j’ai un passeport récent. Mais, il ne les regarde presque pas. Il ne fait que répéter que c’est impossible. Bye Bye New York. Je vois mon rêve s’effondrer.

 Soudain, il se retourne et va consulter d’autres officiers. J’attends. Les secondes sont interminables. Puis, il revient. Il me demande mes empruntes digitales, et me prend en photo. Il me tend un papier vert, en me demandant de le remplir sur le côté. Et, il gueule une nouvelle fois « Next! ». Je regarde. Oui, c’est un papier de visa. A priori, tout devrait donc bien fonctionner. C’est inespéré! Moi qui m’imaginais rester à la frontière et voir le car partir pour New York sans moi… Je commence à remplir le papier. On nous demande des renseignements assez précis, notamment l’adresse où je serais aux Etats-Unis. Il faut inscrire si mon entrée sur le sol des Etats-Unis a déjà été refusée. Que mettre? On va encore me poser tout un ensemble de questions si je mets « oui ». Tant pis, je prends le risque de mettre « non ». L’officier s’approche de moi et observe. Puis, il me prend assez sèchement ma fiche en me disant que je n’ai pas répondu sur la bonne ligne, à une des questions. Il me donne une nouvelle fiche, afin que je recommence, en marmonnant :

 -         these stupid french people do never understand anything!

 Il ne faut surtout pas s’énerver. Dans ces moments-là, cela ne servirait à rien.

 Je lui tends la fiche remplie. Il inscrit quelques renseignements sur son ordinateur. Je pars avec mon visa. Enfin, j’y suis parvenu. Dehors, je prends mon sac. Je suis le dernier à entrer dans le bus. Les autres passagers m’attendent. Direction New York !

 Après environ huit heures, nous voici à New York. On aperçoit au loin les fameux buildings. Puis, c’est l’arrivée à la Station Centrale. Le métro est comme à Paris. Il y a un nombre de lignes impressionnant qui se mélangent de part et d’autre. Les couloirs sont immenses. De nombreux travaux ont lieu. Et, cela pue. En remontant à la surface, nous avons découvert New York : les célèbres édifices américains avec les escaliers de sortie d’urgence, les marchands de boissons et de nourriture au milieu des rues, les taxis jaunes…

 

 

 

 A 7h30, nous rejoignons Central Park pour un petit-déjeuner. On ne peut qu’être surpris en voyant un nombre impressionnant de New Yorkais faire du sport. Devant nous, les courts de tennis sont entièrement remplis. New York ne s’arrête jamais de vivre, et commence la journée avant et finit après le reste du monde.

 Contrairement à Louis-Ferdinand Céline lors de son arrivée à New York, cette ville ne m’a pas seulement impressionné par la hauteur de ses tours, mais par l’accumulation de celles-ci. L’expression « Two Much » n’existe pas à New York. Les américains n’en font jamais assez pour afficher leur supériorité. Big is beautiful. Selon moi, Paris est une ville plus belle. Mais, on ne peut nier que New York est réellement fascinant car les américains savent tellement se vendre. Alors que Paris est orienté sur la qualité, New York a choisi la quantité. Il faut que les arrivants puissent « en voir de toutes les couleurs ».

 Nous avons vu Ground Zero. Un gigantesque amas de gravas, de vide entre d’autres tours. On ne peut pas réellement réaliser ce qui s’est passé ici, il y a près de quatre ans. Ce n’est pas du sadisme ou du voyeurisme, mais j’aurais voulu être là pour voir ce drame-là. Ces deux avions ont brisé le rêve américain. Il m’est difficile de comparer la mentalité New Yorkaise et américaine avant et après le 11 septembre, puisque je viens ici pour la première fois. Mais, j’ai l’impression que plus rien n’est comme avant. Dans les magasins de souvenirs, les deux tours sont souvent présentes sur les photos et posters de la ville. Que cela signifie-t-il? Les américains font-ils comme si rien ne s’était passé, ou refusent-ils de voir la réalité?

 Oui, New York ne sera certainement jamais plus New York. Les Américains se méfient vraiment. Mais, il me semble qu’ils ne savent pas réellement de quoi ils se méfient. La vigilance est omniprésente. Dans les métros ou sur les bus, vous pouvez voir les pancartes : « if you see something, say something! ». Les portiques de sécurité sont très présents. Un officier a fouillé mon sac, après avoir détecté une bouteille. Il s’agissait d’un flacon pour se protéger après les piqures d’insectes. Il appelle deux autres types qui m’ont demandé :

 -         Why do you have this?

 Question bête. J’avais ceci dans mon sac, au cas ou je sois piqué par une guêpe ou une abeille par exemple, en raison d’une allergie ! Puis, ils me posent plein d’autres questions. Bref, après un examen minutieux, ils m’ont rendu le flacon. Mais, étant donné la manière agressive dont ils posent les questions, et le nombre de renseignements qu’ils demandent, on a presque l’impression d’être un criminel et un terroriste. Ils parviennent à nous donner ce sentiment-là. On est traité comme des moins que rien.

 

 En allant en bateau voir la Statue de la Liberté, nous avons observé une ronde interminable d’hélicoptères autour de la ville et des environs. La psychose imposée par Bush est bien présente.

 J’ai été surpris par les new yorkais. Je pensais découvrir des tenues extravagantes, du « tout et du n’importe quoi ». Le culte de l’apparence. Des fashion-victim à chaque coin de rue. Rien ne m’a réellement impressionné. Les gens étaient habillés plutôt classiquement. Et puis, les new yorkaises ont aussi une taille moyenne des mini-juppes plus longue que les québécoises, qui détiennent donc peut-être la position numéro un dans le monde. Bien sur, on ne peut qu’être surpris en voyant plusieurs personnes faire des exercices de réflexion (genre Dalai Lama) au bord d’une rue. Certains cinglés tiennent aussi leurs enfants en laisse, afin de ne pas les perdre. Ce produit parfaitement commercialisé m’a choqué.

 

 Au niveau de la nourriture, nous nous sommes parfaitement intégré à la culture américaine, en mangeant trois fois au McDonalds (autant de fois pour moi que sur une année en règle générale). On peut dire que nous sommes devenus les parfaits américains que nous avons en cliché, si l’on y ajoute les parts de pizza, les hot dogs, les sodas…. Mais, notre seul but en venant à New York était réellement de visiter le plus de choses. L’importance accordée à la nourriture pendant ces quelques jours a donc été dérisoire.

 Nous avons visité un musée retraçant les grands moments de l’immigration aux Etats-Unis sur Ellis Island, vantant la politique d’accueil de ce pays à travers le temps. Ce pays, terre d’accueil, refuge de rêves… J’ai l’impression que ceci est à conjuguer au passé, tant les américains se méfient désormais de tout nouvel arrivant. « Gardez vos maladies en dehors des Etats-Unis », les fouilles systématiques, les incitations à la vigilance…

 En tant que parfaits touristes, nous avons aussi vu tous les autres sites célèbres de la ville : Times Square, l’Empire State Building, Wall Street, le pont de Brooklyn ou de Manhattan (filmé de manière grandiose par Woodie Allen), Chinatown, Little Italy… Tout comme dans le commerce mondial, la communauté chinoise se propage fortement dans New York et dévore Little Italy.

 Selon moi, il n’y a rien de plus joli que de marcher au hasard dans une grande ville et de se laisser mener par l’inconnu. Lorsqu’on est perdu, il y a souvent une station de métro assez proche qui permet de nous repérer et de revenir chez soi. J’adore ce sentiment de relative aventure. J’appréciais énormément ceci à Paris. A New York, cela fut merveilleux, notamment la nuit puisqu’on y découvre alors toute une variété de personnes qui sont moins sérieux que le jour. Comme le disait Sinatra, New York ne dort jamais.

 On critique Paris pour son sens de l’accueil. Mais, New York n’a rien à lui envier sur ce point-là. On remarque assez rapidement que le touriste n’est que du bétail destiné à être transporté d’un endroit à l’autre de la ville, afin qu’il puisse y dépenser son argent. Tous les prétextes sont bons pour recueillir les dollars de ces gens. En sortant de discothèque, un vieillard est venu nous voir, et nous raconter quelques blagues, pour avoir un peu d’argent. Business is business. Beaucoup de new yorkais sont peu gracieux. Dès que tu sors des dollars, on te respecte pour quelques instants. L’accueil fut donc assez déplorable. J’ai pu constater que les français ne laissent jamais indifférents. On est souvent adoré ou détesté. Le juste milieu n’existe pas. New York est une ville avancée et cosmopolite, d’où un sentiment anti-français relativement restreint. Au Texas, la situation aurait été différente…

 New York est magique, car cette ville représente le monde. En vous promenant, vous avez l’impression de traverser la planète entière, tant les quartiers sont différents. New York est un concentré de tout ce que vous pouvez trouver sur Terre.

 Au niveau des sorties, nous sommes notamment allés à Greenwich Village. Étant donné que nous ne savions initialement pas que ce quartier était gai, nous nous sommes rapidement rendu compte qu’il allait être difficile de draguer des filles ce soir-là.

 Ce séjour se déroula très rapidement. Le lundi soir, nous avons eu la chance d’assister au feu d’artifice de la fête nationale américaine. Bien que nous ayons été surpris les jours précédents de voir un nombre de drapeaux américains impressionnant dans les rues, la journée du 4 juillet ne fut pas marquée par un mouvement immense de patriotisme. Le feu d’artifice fut à l’américaine : il faut « épater la galerie » et « en mettre plein la vue ». Bref, cela fut tout de même époustouflant.

 Lors de ce très joli moment de rassemblement des américains, j’ai pensé à ces deux dernières années. Il y a deux ans, le 5 juillet 2003, je partais en Angleterre avec la volonté de vivre de nouvelles expériences. L’Angleterre, Bordeaux, Paris, Montréal et New York. Nous sommes le 4 juillet 2005. Comment aurais-je pu croire il y a deux ans que je découvrirais toutes ces jolies villes, et que j’assisterais au feu d’artifice de la fête nationale américaine à New York ? Cette chance est unique. Je me rends compte que le parcours est joli, et que ces deux années-là constitueront une source de merveilleux souvenirs.

 Vingt deux heures. Vite, il faut se dépêcher de revenir à la station centrale pour prendre le bus. Le prochain car part à minuit. Et, les premiers arrivés sont les premiers servis. Après, il sera trop tard, et il faudra prendre le prochain bus, c'est-à-dire celui de huit heures.

 Nous prenons donc une dernière fois le métro new-yorkais afin de rejoindre la gare routière. Malheureusement, nous ne sommes pas les seuls à vouloir aller à Montréal. Nous attendons donc dans la file d’attente. Plus tard, nous montons dans le bus. Il n’aurait pas fallu tarder davantage à New York, car seulement cinq personnes ont pu monter dans le bus, après nous. Les autres ont donc du attendre huit heures.

 Je me rappellerais longtemps de ce voyage New York- Montréal. Nous avons eu la malchance d’avoir un chauffeur cinglé. Dès le début, lorsque je lui ai laissé mon sac pour le mettre dans la soute, il l’a jeté assez fortement. Chaque fois qu’un passager venait lui demander un service, il ne faisait que répondre « Go seat down ! ». Une amabilité inexistante. En plus, il conduisait comme un fou. Le trajet retour dura moins de six heures contre près de huit pour l’aller. Le car était très inconfortable. Impossible de mettre mes grandes jambes dans l’espace derrière le siège avant. La tension est palpable entre les passagers, en raison de la fatigue, de la difficulté pour dormir, de la froideur du chauffeur, et de l’espace restreint. A quatre heures du matin, un passager vient voir le chauffeur, afin de lui demander s’il est possible d’avoir une température de chauffage plus basse. Il faisait chaud. Le chauffeur lui répond :

 -         Go seat Down ! (Assezyez-vous)

 Le passager continue en expliquant que son opinion est partagée par beaucoup de personnes. Mais, le chauffeur lui demande à chaque fois d’aller s’asseoir. Le passager répond systématiquement. On sent la tension monter fortement. Chacun reste sur ses positions. Que va-t-il se passer ? Soudain, le chauffeur appuie violemment sur le frein, ce qui réveille les rares passagers ayant réussi à s’endormir. Face à ce geste, la personne ayant initialement demandé de baisser la température du chauffage, retourne rapidement à sa place, de peur d’avoir des ennuis supplémentaires avec ce chauffeur cinglé.

 

 Enfin, nous arrivons à la frontière. Les voyageurs passent rapidement aux deux bureaux de la douane. C’est à mon tour. Je montre mes papiers. Bien évidemment, on me demande pourquoi je ne suis pas en règle. J’explique à nouveau ma situation. Puis, une fois de plus, on me demande : « Où êtes-vous allé ? », « Combien de temps y êtes-vous resté ? », « Qu’avez-vous à déclarer ? », « Quelle est la valeur des biens achetés ? »…. Cela fait trois jours que je passe mon temps à répondre à des questions, et à me justifier. Puis, à la différence des autres personnes, on me demande de rejoindre un autre bureau. On me pose à nouveau les mêmes questions. Là, j’apprends que mon dossier d’immigration initialement perdu a finalement été traité au Centre d’Immigration du Canada. Je recevrais bientôt mon nouveau permis de travail. Ma deuxième demande de renouvellement de ce document sera donc inutile. Je réponds encore à quelques questions, puis je rejoins le groupe.

 Arrivée à la gare routière de Montréal à 5h45. Nous quittons avec joie ce chauffeur fou et les autres passagers très tendus : une altercation a eu lieu car des passagers avaient pris les places de deux autres voyageurs dans le car. New York semble loin derrière nous. C’est le retour à la réalité.

Olivier, époustouflé par ces quelques jours dans une autre ville, dans un autre monde

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Lundi 21 novembre 2005

A Montréal, on est un petit groupe de français à se réunir pour faire des sorties ensemble, durant la semaine et le week-end. Bien sur, cela peut apparaître triste de partir loin de la France pour rencontrer… des français. Mais, en ce qui me concerne, lors des deux dernières années, je me suis vraiment lié avec des personnes découvrant, tout comme moi, la région. Rarement avec des gens habitant déjà la ville. En Angleterre, j’allais souvent boire un verre avec Claudia (autrichienne) et Jenny (allemande). Rarement avec des anglais de mon âge. A Bordeaux, c’était avec Thomas (un breton) et Laurent (un parisien). A Paris, c’était avec Ludo et Séverine, que je connaissais déjà auparavant. Et donc, à Montréal, on forme un groupe de français. La raison de ces choix est extrêmement simple. Les personnes habitant dans la ville que l’on rejoint, ont déjà leur vie établie, leurs amis. Et, nous, les « petits nouveaux », nous ne connaissons personne. Nous avons donc tendance à nous rapprocher rapidement. Nous souhaitons connaître du monde, et avons le même objectif : découvrir le plus de choses durant notre séjour. Alors, si l’on croise des personnes qui cherchent elles-aussi à se créer des contacts, le lien est très vite établi.

 Ainsi, dès le départ, nous avons eu une session d’accueil à Montréal. Un petit groupe s’est formé avec Julien (parisien), Fanny (bretonne), Ismaila (normand) et Élodie (angevine). On est allé manger dans une cabane à sucre. Une des grandes traditions québécoises. On a goûté la soupe de pois, une omelette, des fèves aux lards, les oreilles de Christ, la tarte au sucre… Délicieux. Ceci avec beaucoup de sirop d’érable et le ketchup aux fruits. Puis, on a mangé la tire d’érable, une sorte de sucette à l’érable qui est fait devant nous par une personne qui dépose la potion sur de la neige : on enroule ensuite le tout autour de notre batonnet.

 Plus tard, d’autres français se sont joints au groupe : Enghin, Yohan, Mehdi et Christophe. A ce groupe, s’ajoutent occasionnellement des québécois, des canadiennes anglophones, un collègue de travail marocain, des allemandes, une autrichienne…

 Nous sommes arrivés le mercredi 23 Février, à Montréal. Depuis, tous les mercredi soir, nous nous rejoignons pour boire un verre dans un pub. Le principe est simple : nous devons tous, chacun notre tour, trouver un bar. A la fin de notre séjour à Montréal, nous aurons donc fait un tour assez large des bars de la ville. Au départ, L’absence du téléphone portable pour nous organiser, nous semblait très dommageable. En réalité, cela nous fait un bien fou.

 En dehors du traditionnel rendez-vous hebdomadaire, nous nous rejoignons le week-end. Nous avons ainsi fait une « sortie nature » au Parc animalier Oméga. Comme il nous restait un peu de temps, nous avons rejoint Ottawa, lors de cette journée. Ottawa est la capitale du Canada. Nous avons été surpris de voir une ville aussi propre. Tout semble très moderne. On dirait que cette ville a été construite il y a 20 ans. On est si loin de Montréal. Il nous a fallu près de deux heures pour croiser un clochard. Nous avons mangé dans un restaurant dont le nom est Hooters. Le principe de cette chaîne de magasins est simple : tout repose sur le service fait par des filles aux tenues très légères, et non sur la nourriture. J’ai adoré…

 

 

 

 Nous avons aussi rejoint Québec dans le cadre d’un week-end. Malgré le mauvais temps, nous avons visité cette jolie ville. Puis, un arrêt a été fait à Montmorency, dont la hauteur des chutes est supérieure à celle des chutes Niagara. Enfin, un passage sur l’Île d’Orléans fut très apprécié. Le samedi soir, nous avons eu la confirmation que les très courtes mini-juppes ne sont pas uniquement présentes à Montréal, mais aussi à Québec. C’est tellement voyant que cela devient quelquefois vulgaire. Aucune sensualité.

 Les routes sont typiquement américaines. Si l’on quitte l’autoroute, on se rend vite compte que tout est vide. Il y a peu d’habitations. On voit quelques maisons arborant un drapeau québécois ou canadien. Exactement comme aux États-Unis. Le patriotisme provincial ou national est assez présent. Cela m’étonne toujours un peu. Mais, je crois que la France est l’un des rares pays où ce phénomène n’est guère actif.

 En Juin, une semaine après une merveilleuse journée sur un voilier, nous avons rejoint les Laurentides et le Mont Tremblant. Il y a plusieurs semaines, deux personnes ont été tuées par des ours au Québec. Heureusement, nous n’avons pas vu ces créatures. Mais, nous avons aperçu plusieurs chevreuils et écureuils, beaucoup moins craintifs qu’en France. Nous avons aussi vu des paysages merveilleux, notamment des lacs. Cela correspondait parfaitement aux images du Canada que l’on aperçoit sur les magazines ou à la télévision. Le Québec est vraiment joli, et n’a rien à envier aux autres régions du globe, pour la beauté de ses paysages.

 Ainsi, notre groupe a parfaitement aimé cette région. Nous nous sommes bien intégrés. Pourtant, les français ne sont pas systématiquement bien appréciés par les québécois. Nous avons souvent la réputation d’être très orgueilleux. De plus, le fait de venir dans un pays « cousin » parlant la même langue que nous n’est pas un avantage, contrairement aux apparences. Nous venons souvent au Québec en terrain conquis, puisque beaucoup croient que le Québec, c’est un peu la France. Ceci est une immense erreur. Le Québec, c’est l’Amérique. Par exemple, la recherche d’emploi est complètement différente (aussi bien au niveau du CV que lors du processus de candidature). Quand on parle aux québécois la première fois, leur sympathie nous touche, et on croit qu’on deviendra facilement ami. Erreur. La première approche est facile. Mais, après, comme ailleurs, il faut du temps pour que les contacts deviennent plus sérieux.

 Il est primordial de s’habituer aux coutumes locales lorsqu’on rejoint un pays. C’est le principe de l’intégration. Ainsi, en Amérique du Nord, lorsqu’un collègue nous invite à un barbecue, il faut amener sa propre nourriture et sa propre boisson. Contrairement à la France, ce n’est pas l’hôte qui se charge de tout. Cela est très surprenant au départ et semble constituer le summum de l’individualisme. Dans la réalité, il est de coutume que tout le monde partage sa nourriture, et que chacun goûte donc un petit peu de tout. Devant la multitude de coutumes, la seule solution est de s’intégrer, et non de dire : « chez moi, c’est mieux ».  

 Ainsi, si je peux donner un conseil aux futurs français qui auront, tout comme moi, la chance de venir au Québec, je leur dirais de venir humblement, de s’adapter à la vie québécoise et non pas de « faire comme à la maison ». Je le répète une nouvelle fois : la France, ce n’est pas le Québec. C’est malheureusement à cause de nombreux imbéciles que nous, les français, avons une réputation qui n’est pas toujours formidable. Alors, encore un conseil à ceux qui viennent se moquer de l’accent québécois, aux parisiens qui pensent qu’il ne se passe rien à Montréal, à ceux qui ne cessent de parler de la France : restez chez vous! Quand on part dans un pays, la règle numéro un est de chercher à s’intégrer.

 Voici quelques phrases dites par les québécois à cause de tous ces imbéciles français :

 -         Quelle est la différence entre les français et Dieu? Dieu, lui au moins, ne se prend pas pour un français

 -         Quel est un bon français? C’est celui qui a un billet d’avion retour

 -         Comment faire de l’argent avec un français? Il suffit de l’acheter à sa valeur réelle et de le vendre à la valeur à laquelle il s’estime.

                  Olivier qui en a marre de ces Maudits français

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Lundi 21 novembre 2005

 Montréal est une ville exceptionnelle. Et, pourtant, les premières apparences ne lui donnent guère de crédit. Pour certains, c’est la ville la moins québécoise du Québec. Mais, Montréal n’est pas une ambassadrice de la culture québécoise, mais est une ambassadrice de la culture mondiale. Ainsi, beaucoup de touristes préfèrent découvrir le vrai Québec à Québec, la capitale de la Province. Cette ville est très jolie, avec son style européen, ses rues pavées qui ne sont pas parallèles contrairement à Montréal ou aux villes américaines. Ainsi, l’activité de cette ville repose essentiellement sur le tourisme (les ballades en calèche, de nombreux magasins de souvenirs…) et sur le gouvernement. Quand on entend des personnes parler anglais à Québec, on sait que ce sont des touristes.

 Et donc, à moins de trois heures de route de cette ville, vous rejoignez Montréal. Montréal et ses trottoirs sales, ses travaux, ses routes endommagées avec les célèbres nids de poule (de gros trous au milieu de la chaussée). En observant la multitude de clochards, de personnes de plus en plus jeunes dans le besoin, j’ai pu me rendre compte de la démocratisation progressive de la misère. Bref, à priori, Montréal n’est guère attrayant. Mais, il faut apprendre à connaître cette ville. Les touristes n’ont pas le temps, d’où leur préférence pour le charme de Québec. N’allez pas chercher une quelconque logique à Montréal : il n’y en a pas. En vous baladant quelques minutes dans les rues immenses, vous allez croiser toute une sorte de gens variés, de bâtiments aux styles complètement loufoques n’ayant aucune complémentarité. Le meilleur croise le pire. J’ai déjà dit que de nombreuses églises sont présentes dans la ville, côte à côte avec des commerces divers. En raison de la forte chute du nombre de pratiquants, certaines églises ont été revendues pour être réaménagées en appartements. Le résultat est surprenant. Dans les rues, vous entendez les gens parler dans toutes les langues. Mais, l’anglais devient peu à peu la langue dominante. Les montréalais doivent parler anglais dans la plupart des professions. Et, les anglophones ne font souvent aucun effort pour parler français. Ils sont en position de force. Ceci est dommage, et devient de plus en plus fréquent. Les gouvernements luttent peu pour sauver la langue française à Montréal. Cependant, dans cette ville, de multiples communautés sont présentes, et tout se mélange. Montréal est comme le métro parisien : un véritable bouillon de cultures.

 La plupart des magasins sont ouverts sept jours sur sept. La flexibilité américaine a fait des ravages… D’ailleurs, il faut arrêter de croire que les québécois sont des français en Amérique du Nord. Les québécois sont des américains qui parlent (encore) français. Il faut donc se rendre à l’évidence : le Québec, c’est l’Amérique. Ne l’oublions pas! Au début, j’ai été surpris en voyant un « espace pharmacie » et un « espace Poste » dans le magasin où j’allais faire mes courses. Vous pouvez prendre les médicaments conseillés par le pharmacien, et aller faire peser et poster vos lettres. A la caisse, vous payez vos produits pour la nourriture, et vos médicaments. Trois activités dans un seul magasin. Inimaginable en France. Par ailleurs, les noms indiqués sur les magasins sont quelquefois étranges. Ainsi, il ne faut pas confondre la SAQ (où vous achetez de l’alcool) et la SAAQ (société d’assurance automobile du Québec), dont vous utiliserez les services… à la suite d’un accident dû à un abus d’alcool par exemple.

 En se baladant dans les rues, j’exagère à peine en disant qu’on pourrait se croire dans une ville ravagée, tant les routes et trottoirs sont quelquefois très sales et dans un état critique. En vous promenant, beaucoup de clochards vous demandent de l’argent. J’ai même croisé un clochard ayant déposé sa tente sur le bord d’un trottoir (assez large) de la rue Sainte Catherine, la célèbre rue commerciale de Montréal. De plus, pour retirer de l’argent dans une banque, il faut quelquefois insérer une partie de la carte bleue pour entrer dans la pièce du distributeur de billets. Afin de vous aider à ne pas perdre de temps à chercher votre carte, je croise systématiquement un clochard qui insère sa carte bleue, et qui ouvre la porte :

 

 

 

 -         en échange Monsieur, vous me donnerez un peu de change, s’il vous plait

 Montréal est un bien joli bordel. On pourrait croire qu’il n’y a aucune règle et que c’est l’anarchie totale. Mais, vous serez surpris de constater que les montréalais attendent le bus les uns derrière les autres. Un ordre absolument fascinant. Le premier arrivé se met près de l’arrêt. Et, les autres personnes attendent calmement derrière lui. On est très loin de Paris.

 

 Si vous prenez un taxi, ne vous étonnez pas si le chauffeur ne connaît pas les routes de la ville. Bien souvent, ils ne connaissent pas bien Montréal. Ceci est tout à fait logique pour un chauffeur de taxi… Le premier jour, Julien, un collègue de travail, a eu un chauffeur de taxi qui lui a dit :

 -         Bonjour, vous arrivez à Montréal? Vous allez voir, c’est merveilleux. Je vais vous donner quelques bonnes adresses où vous pourrez avoir des filles pas chères

 Julien a aussi rencontré un étudiant en psychologie qui était chauffeur de taxi afin de gagner un peu d’argent. Ce dernier demande le lieu où Julien souhaite aller.

 -         Rue Monk? Ah, je ne connais pas très bien le chemin pour y aller. On verra bien. Dites moi si on fait des détours. Je vous enlèverais un peu d’argent de la somme totale.

 La nuit, Montréal vit réellement. J’apprécie beaucoup de marcher tranquillement après être sorti de boite de nuit, pour rejoindre mon quartier. Le retour à pied sur le Boulevard Saint-Laurent est génial. L’animation est toujours présente. Dans les rues, il y a beaucoup de discothèques, de bars, de fast-food (dont plusieurs sont bondés à trois heures trente du matin). En l’espace de quelques mètres, on observe Montréal qui boit, baise, chiale, fume une multitude de trucs, chante, pleure, mendie, vomit, propose de la drogue, drague, parle toutes les langues du monde, cherche des clients, crie... Vous découvrez la nature humaine dans toute sa splendeur. Montréal ne serait pas Montréal sans ce bordel permanent. C’est tout ce qui fait la beauté de cette merveilleuse ville. Oui, j’adore cette ville, car Montréal est un bien joli bordel.

 

                      Olivier, 100% montréalais

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Lundi 21 novembre 2005

 

Chaque matin, je ne me lève qu’à 7h30. Une heure plus tard, je quitte l’appartement pour rejoindre le métro. Après avoir parlé du métro parisien, comment peut-on décrire le métro de Montréal? Dérisoire! Ici, il n’y a que quatre lignes de métro, contre plus de quinze à Paris. Et encore, à Montréal, une des lignes ne comporte que 3 stations. Mon coloc est allé en stage à Paris, il y a deux ans. Il compare les lignes de métro parisiennes à des spaghettis, puisque tout est emmêlé. Les lignes se croisent dans tous les sens.

 J’ai deux chemins possibles pour rejoindre le métro. La première solution consiste à passer par un centre commercial connecté au métro. On évite le froid pendant une partie du chemin. Ainsi, durant les trois premières semaines, ma décision fut toujours la même. Je passais par ce chemin-là, en raison du froid. Quand il fait moins 20 degrés, de bon matin, ça réveille vite. Derrière la porte de l’appartement, on sent le froid. Gants et bonnet obligatoires. Puis, je marche très vite jusqu’au centre commercial. Ce qui est étrange ici, c’est que le ciel est quasiment toujours bleu. Pendant mon premier mois au Québec, le ciel a toujours été bleu. Aucun nuage. Même s’il faisait moins vingt degrés. Impressionnant.

 Puis, lorsque la température a remonté, j’ai hésité entre les deux chemins possibles pour rejoindre le métro. Je passe généralement toujours par le centre commercial, car cela est légèrement plus rapide. J’ai chronométré. Oui, la vie parisienne laisse des séquelles. De plus, sur les quais, si le métro n’est pas là, je me dirige rapidement vers l’endroit stratégique qui me laissera le plus près possible de ma sortie. Comme à Paris. Ainsi, lorsque le métro stoppe à ma station d’arrêt, je suis parmi les premiers à prendre les escaliers.

 Mais, ici, si l’on compare, la vie dans le métro est plus calme qu’à Paris. Les gens sont beaucoup moins stressés. En plus, un fait m’a fortement choqué. Depuis que je suis arrivé, je n’ai toujours pas aperçu une seule personne qui fraudait en passant au dessus des tourniquets, au lieu de payer. Impressionnant. Au Québec, les règles sont faites pour être respectées. En France, le but du jeu est les contourner. Et, les québécois attendent que tout le monde sorte du métro avant d’y entrer. Souvent, j’ai plus de place qu’à Paris, où on était entassé les uns à côté des autres. En conclusion, je pourrais dire la même chose que Ludo, lorsqu’il parle du métro lyonnais :

 

-         ici, ce n’est pas un vrai métro, comme à Paris. On n’est jamais cinq dans un mètre carré. C’est tout calme. On dirait que tout est au ralenti.

 Vous ne me croirez peut-être pas si je vous dis que le choc fut beaucoup moins grand, en venant ici, qu’en allant à Paris. Paris est pourtant dans mon pays, et situé à 600 kilomètres seulement de chez moi, contre plus de 6000 kilomètres pour Montréal (un autre pays, un autre continent). C’est peut-être dû au fait que j’ai vécu à Paris, et que plus rien ne peut me surprendre désormais. Montréal me semble un petit Paris.  

 Montréal fait peur aux québécois qui n’y sont jamais venus. C’est la grande ville. Et, les montréalais font quelquefois aussi preuve de condescendance, vis-à-vis des autres québécois, en considérant qu’ils vivent dans une grande ville. Cela est drôle. Avec les 3,5 lignes de métro… Je ne peux m’empêcher de sourire, en pensant à ceux qui disent ceci. J’aimerais leur dire :

 

-         ah toi, tu n’as pas fait Paris. Tu ne peux pas comprendre

 Exactement comme les soldats disaient auparavant :

 

-         ah, toi, tu n’as pas fait 1914-1918. Tu ne peux pas comprendre.

 

Au boulot, tout fonctionne à merveille. Je suis au Ministère du Développement Économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE). Je travaille dans la partie Exportation, au sein de la Direction Europe. La cellule Exportation est principalement divisée en trois parties : l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie. Notre division a un objectif : faciliter les exportations des PME québécoises vers l’Europe. Mon but est donc d’aider les responsables de plusieurs pays européens dans leur travail. Chez nous, plusieurs personnes sont responsables d’un territoire : la France, les pays Germaniques, les Pays Méditerranéens, le Royaume-Uni, les pays du Bénélux, les pays du Nord, les pays de l’Est. On organise des salons, des missions commerciales. On fait des études pour des entreprises. Les missions sont assez variées. Je suis quotidiennement au téléphone avec des entreprises québécoises, des chambres de commerce, des membres d’autres ministères, des membres de la Délégation Générale du Québec dans les pays européens… Je travaille sur de nombreux pays de l’UE, donc je fais en quelque sorte quotidiennement le tour de l’Europe! Mon bureau de la direction Europe est situé à côté de la direction Etats-Unis. Comme mon imprimante est située dans cette direction-là, il me faut en quelque sorte traverser l’Atlantique plusieurs fois par jour. En parlant du bureau de travail, nous avons chacun notre cubicle. Cela est assez marrant. Ce sont les mêmes bureaux que ceux que l’on voit dans les films aux Etats-Unis. Chacun a son petit espace carré, et est séparé de ses voisins, par une mini cloison.       

 

Au travail, l’accueil fut des plus chaleureux. Incomparable en France. Ah, le sens de l’accueil québécois est connu par tous. Mais, lorsqu’on a vécu à  Paris, le choc est immense. Paris est la ville la plus visitée au monde. Paradoxalement, c’est aussi une des villes où le sens de l’accueil est le plus mauvais. Chacun sa merde. Ici, il y a une multitude de petits gestes d’accueil et d’intégration.   

 

Tous les salariés sont souvent de bonne humeur. Aucun râleur, aucun casse-couille. Tout va toujours bien. Si l’on croise un râleur, c’est vraisemblablement un français. Au début de mon séjour, je me suis posé une question très sérieuse. Les québécois sont souvent de bonne humeur, aimables, positifs. Comment est-ce possible qu’il y ait de grands artistes (la plupart d’entre eux étant inconnus en France) dans cette région? En effet, les artistes ont besoin de déprimes, de moments très difficiles pour exprimer tout leur talent. Ici, seule la bonne humeur est présente. Il y a donc une contradiction.

 

A midi, on mange avec des salariés d’autres directions (Amérique, Asie, Afrique). La bonne entente est toujours de rigueur. Cela permet de découvrir des personnes aux parcours variés qui voyagent dans le monde entier, car cela fait partie de leur travail. Une immense chance. Au départ, il m’a fallu lutter pour comprendre tout ce que les québécois disent entre eux, en raison du langage, de la différence de vocabulaire, des expressions typiquement québécoises. On est assez nombreux, d’où la difficulté de se rappeler des prénoms et des fonctions de chacun au sein du ministère. Tout me semble un peu étrange au départ, notamment les prénoms : Raymond (un jeune de 27 ans d’origine asiatique), Marie-André, Marie-Ève, Josée, Johanne (une femme)… Julien a aussi une copine de sa colocataire qui se prénomme Andromacle. Une présentatrice de télévision a comme prénom Marie-Soleil.

 

Au travail, la mentalité n’est pas la même qu’en France. Au ministère, quand un salarié a fini son travail, il peut partir. En France, beaucoup de personnes font semblant de travailler, et attendent la fin de la journée : on appelle ceci le présentéisme. Au Québec, on ne vous juge que sur vos résultats. Le reste n’a aucune importance. Au ministère, on choisit nos heures de travail. Certains employés commencent dès huit heures pour finir tôt. Ainsi, après une journée de travail qui n’est pas longue mais plus intensive qu’en France, ils quittent le travail vers seize heures. Beaucoup de québécois prennent leur repas du soir, après le travail, vers 17h30. Après avoir mangé, une nouvelle vie après le travail peut donc commencer. Cela leur laisse beaucoup de temps. D’autres prennent leur temps à la maison le matin, avant de finir le travail à vingt heures.

 

Ce qui me plait beaucoup, c’est la quasi absence de hiérarchie. On travaille tous ensemble dans un objectif commun. Il y a la directrice Europe et le coordinateur Europe. Il n’y a pas réellement de chef, de sous-chef, de sous-sous-chef, comme en France. Dans les réunions importantes, tout le monde est convié et a son mot à dire. Les relations sont beaucoup plus saines. Aucune supériorité apparente. Les responsabilités laissées aux employées sont plus importantes. Et, le résultat est meilleur car on se sent plus impliqué. Les autres nous font confiance. On devient ainsi plus performant. Au Québec, on apprend à aimer notre travail. En France, c’est l’inverse. Rien n’est fait pour mettre en avant le salarié. L’objectif est de le contraindre à faire son travail. La différence de motivation entre les deux situations provoque ainsi des résultats et un état d’esprit opposés.

 

Ainsi, l’ambiance au travail est excellente. Le Québec est donc ainsi. Hormis des paysages merveilleux, il n’offre rien de sensationnel. Montréal n’est pas Paris. Paris est une ville beaucoup plus belle. Mais, le Québec possède une atout qui est sensationnel : ses habitants. Après un mois de vie ici, je pense sincèrement que la plus grande merveille du Québec, ce sont les québécois.

 

                       Olivier, québécois d'adoption

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